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Le chat-bus


mercredi, mai 19, 2004


Oyez, oyez…


Le chat-bus déménage .
Les archives resteront chez Blogger, à moins que je ne trouve quelque part (la coke ? une insomnie persistante ? les Kinder Bueno ?) le courage de les transférer… 

mardi, mai 18, 2004


Oups…


Rectification : je vais bien avoir deux chats d'ici 15 jours, mais aux dernières nouvelles, il s'agira en fait de deux petites femelles. Faut que je trouve d'autres noms, parce que j'ai peur que Carbu et Cylindre leur créent des problèmes d'identité sexuelle… 

Dolce et Gabbana ?
Justine et Juliette ?
Amanda et Sheila ?
Lucrèce et Borgia ?
Sofia et Coppola ?
Futura et Arial ?
Maya et l'Abeille ?
Camomille et Verveine ?
Virgule et Guillemets ?
Voyelle et Consonne ?
Voici et Gala ?
Carrie et Miranda ?
Cosmo et Biba ?
Gina et Marilyn ?
Angie et Ziggy ?

Moins facile, hein…

jeudi, mai 13, 2004


Des idées ?


Méga et Octet ?
Photoshop et Illustrator ?
Carbu et Cylindre ?
Renault et Subaru ?
Velours et Vasco ?
Virgile et Sénèque ?
Socrate et Platon ?
Sacco et Vanzetti ?
Grisbi et Gabin ?
Calvin et Hobbes ?
Spirou et Fantasio ?
Yin et Yang ?
Bowie et Iggy ?
Laurel et Hardy ?
Bruce Lee et Jackie Chan ?

Le dernier week-end de mai, j'aurai deux chatons, deux ptits mâles. Alors maintenant, faut trouver des noms…

lundi, mai 03, 2004


Play-list 29


Lus
Plein de livres ! Mais pas tous appréciés de la même manière.
La vérité selon Virginia, de Maria Fasce (Gallimard). La "révélation littéraire argentine" m'a plutôt fait l'effet d'une petite sœur de Bridget Jones, en un peu moins déjanté.
Cousu main, de Carl Hiaasen (Albin Michel). L'un des premiers romans de l'auteur floridien (?), sinon le premier. Tous les ingrédients y sont, mais il manque encore un petit quelque chose.
Souffrir, de Chantal Thomas (Manuels Payot). Non, je ne me complais pas dans mon malheur ! C'est un beau livre, la preuve avec des extraits dans Le chat-bus vous cause.
Trop humains, de Donald Westlake (Rivages/Noir). L'histoire de la fin du monde. Ben finalement, ça s'annonce plutôt bien…
Vu
La vie de Brian. Eh oui, pour la première fois de ma vie, j'ai vu un film des Monty Python. Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Merci Fanny.
Raté
Le concert de Divine Comedy, la semaine dernière, au Grand Rex. Et pourtant, j'avais mon billet, je suis arrivée à l'heure… Mais rien à faire. Je n'ai pas pu, pas le courage. Ce genre de défection fait partie des joies de la déprime : tout à coup, plus rien n'est possible à part se terrer sous la couette. J'espère que ça me sera passé d'ici début juin, parce que j'ai déjà mes places pour Autour de Lucie et Jeanne Balibar… 

Partir, enfin


Si tout se passe bien, d'ici un mois, un mois et demi, je pourrai enfin déménager. Quitter cet appartement trop grand, trop cher et rendu étouffant aussi bien par le manque de lumière que par tout ce que j'y ai vécu. De l'air !
D'ailleurs, c'est ce que je fais, de l'air.
J'ai commencé à trier, à ranger, à accumuler les cartons en prévision de ce déménagement. Je remplis des sacs avec de vieux vêtements pour la Croix-Rouge, je déverse des brassées entières de magazines dans la poubelle spécial papier, je range les fiches de paie dans leur pochette, et aussi les relevés de compte, y compris ceux que je n'ai jamais ouverts (ça prend moins de place comme ça).
Tout à l'heure, j'ai commencé à remplir un carton, juste pour le plaisir. Très bientôt, il faudra que je descende jeter un coup d'œil à la cave, et là, ça risque de me faire un peu moins plaisir…
Peu importe, j'ai hâte. Rien que pour le symbole, pour passer enfin à autre chose de manière concrète, palpable.
Jamais été aussi motivée pour ranger, dis donc… 

Tombée du ciel


Pour fêter mon arrivée ce matin – pour une semaine seulement – au Journal de la Jolie Maison, je me suis offert un splendide vol plané sur un passage piéton au pied de la tour Montparnasse. Si j'en juge par le nombre de passants qui se sont précipités à mon secours, ça devait être spectaculaire ! J'en suis quitte pour quelques égratignures mais je peux vous dire que débarquer un bras en sang dans un magazine où l'on met les pieds pour la première fois, ça fait son petit effet… 

Le truc, c'est que je ne sais pas encore s'il est positif ou négatif, l'effet…

jeudi, avril 29, 2004


La vérité, enfin !


Jacques Rouxel, le créateur des Shadoks, est mort. A cette triste occasion, je voulais vous rappeler quelques principes de vie élementaires, à commencer par :
S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème
toujours utile dans la vie courante, ainsi que
Il vaut mieux pomper même s'il ne se passe rien que risquer qu'il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas, vérifiable de façon quotidienne par un grand nombre de salariés.
Enfin, cette perle quasi-audiardesque, avec laquelle vous pouvez laisser perplexe un quelconque supérieur hiérarchique pendant une petite semaine :
Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes.
Après, aussi, vous pouvez être viré.


mardi, avril 13, 2004


Sans titre


Bon, ça suffit. Voilà maintenant deux mois que ça dure et c'est assez, pour ne pas dire déjà trop.
Voyons… si je ne me trompe pas, la dernière fois que nous avons passé un peu de temps ensemble, Stéphane et moi, remonte au week-end de la Saint-Valentin (ha ha ! quelle ironie !). Un week-end tendu, mais à l'issue duquel il m'avait fait de son plein gré une place dans un tiroir de son chez-lui pour ranger trois culottes et deux tee-shirts, avant de me couvrir de baisers des pieds à la tête, puis de partir, tel le héros du IIIe millénaire qu'il est, vers son Très Cher Journal et ses Hautes Responsabilités.

Dès le lendemain, le ciel s'est couvert. Monsieur était débordé à tel point qu'il n'avait même plus le temps de m'accorder un sourire ou un bonjour entre deux portes. D'ailleurs, il préférait rester seul. Bon. Je comprends. Ce sont des choses qui peuvent arriver. Enfin, en théorie, ça ne devrait empêcher personne d'être aimable et de donner de ses nouvelles. Surtout quand la période d'hibernation se prolonge pendant dix jours.

Dix jours et je crois mourir. Un sentiment tellement récurrent par la suite que j'ai fini par m'y habituer, c'est dire. Dix jours et je cesse de manger, de dormir, de penser. Dix jours et je deviens folle. Un soir, j'empoigne le téléphone et j'exige une entrevue, là, maintenant, tout de suite. Ah oui mais non, ce n'est pas possible. D'ailleurs, cette semaine, ça va être difficile, parce que le Saint Travail est très prenant et, franchement, vu comment je lui parle, il a pas envie qu'on se voie… Ah bon, je lui parle mal, là ? Oh mais ce n'est rien, ça, je peux faire bien pire si c'est nécessaire. J'ai l'impression d'avoir affaire à un sale gosse qui cherche mes limites. Si ça continue, il va se les prendre en travers de la figure, après tout, je n'ai qu'un étage à monter ! Sans doute le perçoit-il. Finalement, on réussit à convenir d'un rendez-vous pour le lendemain soir.

De toute évidence, mes paroles l'ont fait réfléchir. Il semblerait qu'il ait compris qu'on ne traite pas ainsi les gens qu'on aime. Et même ceux qu'on déteste, on leur explique généralement le pourquoi de cette haine avant de les noyer dans les égoûts. Il essaie. Il parle. Dit qu'il va mal. Qu'il ne comprend pas ce qui se passe. Qu'il a plein de soucis. Qu'il a toujours cru à notre histoire mais que, brutalement, il a perdu pied. Il est très déprimé. En fait, ce qu'il voudrait, c'est dormir, dormir, dormir. Il se répand en excuses. Je me calme, je m'adoucis, je comprends. C'est vrai, il s'est passé tant de choses dans sa vie ces derniers temps, c'est un peu normal qu'il ait un coup de pompe, là. Ce qui l'est moins, c'est qu'il m'en fasse pâtir, mais bon… il ne le fait pas exprès. Et puisqu'il ne sait pas où il en est, eh bien je vais prendre mon mal en patience. Il en vaut la peine, cet homme, je suis sûre qu'il en vaut la peine. Et de toute façon, je ne peux pas faire autrement, parce que je l'aime, je l'aime tellement… 

J'aime l'odeur dans son cou. Ses hanches. La forme de son crâne. Est-ce possible de tomber amoureux de quelqu'un parce qu'on aime ses yeux lorsque tout le reste est dissimulé par un casque de moto ? Peut-on se sentir prêt à tout simplement parce qu'il met dix minutes à s'habiller avant de tourner la clé ? Qu'y a-t-il de si bouleversant à voir un homme enfiler un pull, puis un blouson, puis un coupe-vent, puis à envelopper son visage dans un foulard remonté jusqu'aux yeux avant de retirer le coupe-vent et le blouson parce que les clés de la moto sont restées dans la poche poitrine de la chemise ? Comment ne pas s'attendrir devant un grand brun qui chante à tue-tête Elvis Presley en se rasant, me fait danser au saut du lit, puis change cinq fois de chemise avant de trouver la bonne ? A ce moment-là, mon univers était rempli de lui, de ses gestes, de ses courbes, de ses intonations. De ses petits cheveux blancs au-dessus des oreilles, de sa façon de s'endormir collé à moi, la tête profondément enfouie dans mon cou, de sa démarche un peu penchée en avant, comme poussée par un vent très puissant qu'il serait seul à sentir…

Oh, il n'y avait pas que ça. Par exemple, il fallait chercher des restaurants et des bars ouverts tard le soir pour pouvoir continuer la conversation entamée quelques heures plus tôt au détour d'un couloir, prolongée pendant une escapade au café d'en face, rallumée par un coup de fil… Dérouler comme une pelote pleine de nœuds les auteurs, les livres, les voyages, les envies, les colères, les amis, les drames, reprendre du vin, commander des cafés – deux, bien serrés, l'un après l'autre, pour lui. Et rire. A la réflexion, je ne sais plus ce qui nous faisait rire, exactement. Peut-être le sentiment de toute-puissance et l'euphorie de ceux qui savent qu'ils sont bien plus heureux que tous les autres clients du restaurant ; ceux à qui la serveuse dit qu'elle aime bien quand elle a des clients amoureux ; ceux qui se sentent scandaleusement beaux, chanceux, légers ; ceux qui savent qu'il est en train de se passer quelque chose d'important.

Je l'aime, alors j'attends. J'attends des nouvelles, des messages, des appels. Il y aura peu de tout cela, seulement parfois quelques messages, tous les trois jours au début, puis de moins en moins, et toujours pour dire la même chose : statu quo. "Je ne sais pas." Je deviens folle. Je n'ai jamais été aussi malheureuse. Je perds du poids, un, deux, cinq kilos. Je n'arrive plus à travailler, je dois arrêter. Je n'arrive plus à dormir, on me prescrit des somnifères. Je suis une boule d'angoisse, les soirées sont insupportablement longues, j'éteins mon portable et le rallume dix fois, vingt fois, au cas où il aurait appelé, laissé un message, n'importe quoi. J'ai mal au ventre du matin au soir. On me prescrit des anxiolytiques. Je suis épuisée, je m'endors au bureau, je vais me cacher dans les toilettes pour faire la sieste. Je suis incapable de sortir le soir, de voir qui que ce soit, je n'en peux plus de ruminer cette histoire, de la tourner et de la retourner dans ma tête 24 heures sur 24. Les réveils sont terribles : dès que je sors du sommeil, le chagrin me tombe dessus et me cloue au lit. Je n'arrive plus à pleurer. On me prescrit des antidépresseurs.

Je vais chez ma gynéco pour une visite de routine. Après m'avoir examinée, elle me recommande de faire un test de grossesse, "juste pour être sûre, la probabilité est infime, mais on ne sait jamais". Un immeuble de quinze étages me tombe sur la tête. J'entre dans la première pharmacie venue et tends mes ordonances : Stilnox pour le dodo, Deroxat pour le moral, Xanax pour les angoisses, Hepta-Myl pour faire remonter ma tension qui reste obstinément coincée dans des profondeurs encore inexplorées par la science, "et un test de grossesse, s'il vous plaît". La pharmacienne a l'air vaguement apitoyée. Elle a raison, je me sens pitoyable. Que suis-je devenue ?

Le test est négatif. Pendant vingt minutes, je compare le mode d'emploi et le petit tube blanc pour être bien sûre du résultat. Je mets les deux à la poubelle et reviens au bout d'une heure, pour vérifier. Une semaine plus tard, j'en referai un, pour être complètement rassurée. La scène est si triste… Cinq minutes, les yeux fixés sur l'emballage recouvrant la barrette, ne pas voir, ne rien voir avant que le temps réglementaire ne se soit écoulé. Je redoute que le résultat soit positif, et en même temps… en même temps, j'espère un tout petit peu. Comme si un trait bleu dans la petite fenêtre de droite pouvait tout résoudre, me rendre Stéphane tel que je l'avais connu, drôle, joyeux, cynique, vivant, curieux, câlin, doux, attentionné… 

Le semaines passent. Je ne sais pas quoi faire. J'ai peur de tout, d'aller le voir, de l'appeler, de lui écrire, de le croiser, de lui parler. Parfois, je craque. J'appelle. Il ne sait toujours pas ce qu'il veut. Il ne va pas bien. Il n'arrive pas à penser à nous, parce qu'il a tellement de soucis avec le Journal, et puis il a des problèmes d'argent, et puis il y a ces histoires d'appartement qu'il doit régler avec l'Ex, l'omniprésente, celle qui est partie il y a plus d'un an et qui a laissé traîner la moitié de ses affaires dans l'appartement. Au début de notre histoire, je ne voyais même pas les journaux, les flacons, les photos qui, de toute évidence, n'étaient pas à lui. Après tout, cet homme m'aimait, m'avait proposé d'emménager chez lui au bout de trois jours, me menaçait de m'épouser à tout bout de champ, projetait de m'emmener en vacances le plus vite possible, pour qu'on soit enfin tous les deux, loin de Paris et des contraintes du travail, voulait qu'on ait des hordes d'enfants… Et puis j'ai commencé à les voir, ces objets, et à les trouver un peu pesants. Je m'étonnais qu'il ne s'en rende pas compte, qu'il ne comprenne pas, malgré mes allusions de plus en plus précises, que cela puisse être dur pour moi de me cogner matin et soir au fantôme de l'Ex.

Au lieu d'être tout le temps chez lui, on aurait pu aller chez moi. A sa place, j'aurais été curieuse de voir l'endroit où habite la personne que j'aime. Mais il n'a jamais voulu venir chez moi, jamais. Il disait que ce n'était pas vraiment chez moi, que j'avais partagé cet appartement avec quelqu'un d'autre, qu'il ne voulait pas voir ça, qu'il viendrait chez moi plus tard, quand j'aurais déménagé dans un appartement qui ne serait qu'à moi. Je trouvais qu'il abusait, mais il me prenait dans ses bras et je comprenais. Je comprenais tout. J'encaissais tout. Il fallait être patiente. Attendre. Cela finirait par arriver. Il viendrait chez moi, il rencontrerait mes amis et me présenterait aux siens. Il assumerait cette histoire au sein du groupe où nous travaillions tous les deux. Il serait fier de moi, fier d'être avec moi comme j'étais fière d'être avec lui. Après tout, il était mon cœur, mon air, mon moteur… Il m'appelait "ma petite femme", "mon amour", "mon bébé", il me disait que j'étais une chance pour lui, qu'il m'aimait, que j'étais belle, qu'il était heureux avec moi, que je lui faisais du bien, que j'étais sa fenêtre. Et l'amour avec lui était merveilleux.

Comment tout cela a-t-il pu disparaître si vite ? Que s'est-il passé ? Qu'ai-je fait ? J'attends encore. Je m'inquiète de lui. Je me demande comment il va. Je retombe malade. Toujours pas de nouvelles. Quelque chose meurt en moi, je sens confusément que c'est irrécupérable. Je me fane. Je n'ai plus confiance en moi depuis bien longtemps. Maintenant, je n'ai plus confiance en lui. Il me fait peur. Je le déteste. Je passe par des phases de tristesse sans fond, d'euphorie, puis de colère. Le soir, je peste contre lui, je lui adresse des reproches cinglants, je trouve les mots, les tournures qui font le plus mal possible, je m'exalte toute seule. Epuisée, je finis par avaler un cachet, encore un, pour dormir. J'ai le sentiment d'être devenue une bombe chimique. J'emporte tous les jours avec moi une petite boîte bleue dans laquelle sont rangés les médicaments du jour : "matin", "midi", "soir", "coucher". J'ai l'impression d'être une grande malade et je me souviens… il y a des années, les mois d'hôpital, l'odeur des chambres, les poches de glucose dans lesquelles on diluait les médicaments, l'anti-vomitif que je prenais avant chaque séance et qui n'a jamais fait aucun effet, les produits qu'on m'injectait toute la journée, surtout le plus nocif, celui qui me rendait malade, celui-là était emballé dans du papier d'alu. Et puis mes veines qui s'enfonçaient progressivement dans ma chair, les infirmières avaient de plus en plus de mal à me piquer, alors il a fallu poser un cathéter. Sous anesthésie locale, entre deux opérations graves, la chirurgienne racontait ses vacances à l'infirmière alors que je sanglotais sous les draps… 

Oui, c'est exactement la même sensation. Comme à l'époque, toute ma vie est suspendue à un événement que je peux pas contrôler, sur lequel je n'ai aucun pouvoir. Il y a quatorze ans, ma vie a continué. Rémission. Guérison. Je n'ai jamais voulu me laisser atteindre par cette maladie. J'ai continué mes études et j'ai essayé d'oublier. J'ai mis des années à comprendre que je ne pourrais pas oublier, que je ne pourrais jamais faire comme si rien n'était arrivé. Qu'il fallait simplement vivre avec. Aujourd'hui, je sais que ma vie continuera aussi. Qu'en quelques semaines, Stéphane m'ait réduite à l'état de serpillière anorexique et dépressive ne m'empêchera pas de continuer d'aller de l'avant.

Aujourd'hui, cela fait donc deux mois que j'attends. Deux mois atroces. En deux mois, il n'a pris aucune initiative pour nous sauver. N'a jamais appelé. Jamais proposé une discussion. N'a rien dit, ni "je t'aime, ce n'est pas de ta faute, laisse-moi encore un peu de temps", ni "c'est fini". S'est contenté de quelques messages désolés, d'excuses, "si tu peux les accepter". Longtemps, je me suis demandé si je ne confondais pas gentillesse, patience, compréhension, et faiblesse. Je ne sais pas, je n'aurais sans doute jamais la réponse à cette question, comme à beaucoup d'autres. J'ai fait ce qui me semblait juste, ce qui me semblait correspondre à ce que je ressentais. Et je l'aimais, je l'aimais, je l'aimais.

Mais voilà : je n'en peux plus. S'est-il moqué de moi ? Y a-t-il encore un peu d'espoir ? Puis-je faire quelque chose ? Je ne sais pas, je ne veux plus le savoir. Ce que je veux, en l'occurence, c'est redevenir moi-même. Me retrouver, me reconstruire, revivre, survivre. Je veux lui rendre le peu de choses que j'ai et qui lui appartiennent. Je veux qu'il fasse de même avec les vêtements, les disques, les livres, les crèmes, toutes ces choses que j'ai laissées chez lui. Aujourd'hui, je ne veux plus avoir de réponse à mes questions, je ne veux plus savoir s'il a enfin décidé quelque chose. Aujourd'hui, ce sera sans moi.

lundi, avril 12, 2004


La grande invasion


Des livres, des livres… il y en a partout en ce moment chez moi. Une pile au pied du lit. Un tas sur mon bureau. Un ou deux posés sur l'étagère de l'entrée. Un autre qui traîne dans le panier à linge, où j'ai dû l'oublier un soir après l'avoir feuilleté dans mon bain. Enfin, il y a ceux qui déforment mes sacs. Après une longue période très sombre où je n'arrivais pas à me concentrer plus de deux pages d'affilée, j'enchaîne, j'engrange, je dévore. Après l'anorexie littéraire, la boulimie. Je vais trop vite, j'en oublie certains sitôt refermés. Je lis tant que je ne me laisse pas le temps d'apprécier. Toujours plus !

Je vais de librairie en librairie. Ainsi, samedi, je suis passée à la Librairie de Paris, place Clichy, puis à la Fnac des Ternes, puis chez ma libraire de quartier, celle qui a une devanture jaune. Et c'est finalement chez elle que j'ai trouvé mon bonheur.
Ce dimanche, j'ai consenti à sortir de chez moi uniquement pour aller passer deux heures chez mon autre libraire de quartier, celui qui a une devanture bleue. Encore bingo, j'en suis repartie avec un gros sac bien rempli et délestée d'un chèque conséquent que je regretterai peut-être d'ici une semaine, quand mon compte en banque aura sombré encore une fois…

Mais peu importe, car il n'y a rien de meilleur que les livres. Bouquiner au lit, en terrasse, dans le métro, dans un bon fauteuil ou posée de guinguois sur une chaise dure mais incapable de changer de position tellement le livre est captivant. Attaquer la première page, les premiers mots produit sur moi le même effet que lorsque le noir se fait au cinéma, juste avant le début du film. Ou quand j'ouvre le papier de la tartelette au café que je viens d'acheter à la très très bonne pâtisserie. Je me régale d'avance… D'ailleurs, je vais vous laisser, j'ai Shutter Island de Dennis Lehane sur le feu. Miam !

Résidence secondaire

Le chat-bus vous cause

Pas un jour
sans un petit tour sur

Zerotom
Dale.
Lucie le Chien
De l'autre côté des cailloux
Le caillou qui parle
Andrinople
Chimeres et phemeres
Emmanuelle (En sommeil)
L'helvete underground
L'escalier
L'ecume de mes jours
Maia Mazaurette
Textism

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